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Ivan : "J'ai été submergé d'amour et j'y ai puisé mon sourire et mon optimisme"

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Le 5 octobre Ivan annonçait la fin de sa carrière de coureur professionnel. Une décision longuement réfléchie et qui a été renforcée par la découverte de son cancer en juillet dernier, même s’il reconnait que les signes de fatigues étaient apparus bien avant la maladie. Ivan va aujourd’hui beaucoup mieux et l’énergie qui lui reste il veut à présent la préserver pour sa famille, pour les jeunes coureurs, à qui il a envie de transmettre son expérience, et pour la prévention, avec un projet en collaboration avec le professeur Montorsi, qui l’a opéré. Vous l’aurez donc compris notre Champion est plein de vie, avec un optimise à tout épreuve, qu’il dit avoir grâce à l’amour qu’il reçoit de ses proches et de ses supporteurs. 

Marco Liorni, de la chaine de télévision italienne Rai Uno, a recueilli ses confessions sur la plateau de l’émission La vita in diretta (La vie en direct). Un entretien à l’image d’Ivan, à la fois tout en simplicité, tout en pudeur et très touchant. Retrouvez ci-dessous la traduction écrite de l’interview, ainsi que la vidéo.

 

 

- Comment vas-tu après l’opération de ta tumeur ?

 À présent je vais bien, pour moi ça a été fort heureusement une parenthèse négative qui a vraiment durée peu de temps. Grâce à cette chute j’ai découvert qu’il y avait ce problème, j’ai eu la chance que ce soit découvert à temps et cela a permis aux docteurs d’enlever le mal et ne pas faire de soins préventifs. Maintenant j’ai des contrôles tous les trois mois. Mais après la première mauvaise nouvelle, se sont succédées des bonnes nouvelles et je me retiens vraiment chanceux de ça. 

 

 

- Cette chute tu as dit que ça a été une chance, car ça a vraiment été un hasard que les docteurs aient découvert des cellules cancéreuses. 

Oui, j’ai chuté lors de la cinquième étape du Tour, comme cela m’est arrivé tant d’autres fois depuis toutes ces nombreuses années de cyclisme. J’ai eu un impact à la selle et ensuite pendant plusieurs jours j’ai une gêne au testicule. Et j’ai été faire une visite pour voir si je n’avais pas quelques lésions internes suite à cette chute. Et à l’examen ils ont immédiatement vu que ce n’était pas un problème lié à la chute, mais qu’il y avait quelque chose d’autre. En 48 heures nous avons organisé l’opération. Le professeur Montorsi et son équipe ont réussi à tout faire rapidement. Pour ces choses-là la réactivité est cruciale. 

 

 

- Ivan je me souviens de cette conférence de presse où tu as annoncé ton retrait, à ce moment-là un retrait momentané, ce n’était pas encore définitif. Et je me rappelle également des larmes de Contador. 

Ce fut un moment très délicat, une situation très particulière car Contador était mon capitaine, mon compagnon de chambre. Ce fut aussi un abandon pour un motif très particulier car ce jour-là on ne savait pas encore comment cela allait se passer. C’est n’est qu'ensuite que nous avons vu que cela se limitait à ce problème et que d’une certaine façon ça allait très bien. Donc ça a été un moment touchant pour tout le monde, pour toute mon équipe, pour ma famille, pour mes supporteurs. Mais ce n’est pas ça qui m’a amené à la décision d’arrêter. Il arrive un moment où un athlète s’aperçoit que quelque chose ne va plus comme ça devrait. Au fond de toi s’éteint un peu la lumière. L’adrénaline qui pendant des années t’a aidé à faire ce que vous avez vu laisse place à la peur, et c’est un signal. Car un sportif, dans mon cas un cycliste, ne peut pas courir avec la peur. La maladie m’a bien-sûr conforté dans ma réflexion, mais depuis longtemps déjà j’avais des sensations qui n’étaient pas comme je voulais. Alors j’ai décidé d’arrêter en ayant encore de l’énergie, car à 38 ans je dois m’arrêter pour mettre mon énergie mentale et physique au service de ma famille et de mon ambition dans le cyclisme. 

 

 

- Tu as 38 ans, tu es marié à Micaela et tu as quatre enfants. Dans ce très difficile moment l’affection de tes proches t’as aidé. Et tu as aussi été submergé d’amour par les supporteurs. 

Oui c’est la chose la plus belle car je le répète j’ai été très chanceux, la période de peur a vraiment durée peu de temps. Et dans ce petit laps de temps, j’ai vraiment été submergé par l’affection de tout le monde, de ma famille, de mes amis, de tous mes supporteurs et de toutes les personnes que j’ai eu l’occasion de connaître. Et ça dans un moment difficile c’est un signal important. Car quand on t’annonce que tu as un cancer, la première chose à laquelle tu penses c’est de guérir rapidement, mais la seule chose que tu peux faire c’est sourire et être optimiste. Et ces deux choses arrivent grâce aux gens qui t’entourent. 

 

 

- Quel a été le plus beau jour de ta vie ? Si je t’avais posé la question avant tu aurais peut-être répondu une victoire. Mais aujourd’hui que réponds-tu ?

Par habitude, et je crois aussi que ça fait partie de mon parcours professionnel, j’ai toujours essayé d’aller de l’avant. Et je n’aime pas beaucoup me souvenir des belles journées passées, j’essaie d’en construire des belles pour le futur. Cela se marie bien également avec ce que je veux faire dans mon futur proche. Ressentir la même adrénaline sportive, y mettre le même engagement, utiliser ce que le cyclisme m’a enseigné, pour l’enseigner aux plus jeunes.

 

 

- Quel effet ça te fait quand tu revois des images de toi comme coureur ?

Après l’opération j’ai commencé à utiliser le vélo comme instrument de bien-être et non plus pour la compétition. Comme je l’ai dit y a peu, à la fin j’étais sans énergie et un coureur sans énergie, le vélo il doit l’utiliser pour être bien. Et je dois dire que la compétition ne me manque absolument pas, car j’ai arrêté consciemment, après une longue méditation et donc je suis vraiment heureux ainsi.

 

 

- Et tout avait commencé quand tu étais vraiment tout petit. Un jour tu as vu Francesco Moser, un autre grand champion du cyclisme, gagné le Tour d’Italie. C’était à l’Arena di Verona et tu y étais. 

Oui, c’est probablement la coïncidence la plus singulière de ma carrière. Quand j’avais 7 ans Moser a gagné le Tour d’Italie à l’Arena di Verona, j’étais présent et j’ai encore en mémoire cette journée où je suis encore plus tombé amoureux de ce monde. Et à distance de 26 ans j’ai gagné le Tour d’Italie comme Moser à l’Arena. Pour moi réussir à imiter mon idole, même si en partie, car Moser a bien-sûr une meilleure carrière que la mienne, c’est un épisode très particulier qui a une signification importante pour moi. 

 

 

- Quand tu as commencé à pédaler c’est vrai que ta maman te suivait en vélomoteur ?

Oui c’est vrai. Car quand on court on doit aller sur la route et il y a des dangers, à sept ans on doit être suivi. Et donc mon premier entraîneur a été ma maman. 

 

 

- Et tes enfants ils font du vélo ?

Mes enfants font du vélo mais aucun ne court. Ma fille est très bonne à l’école mais elle ne fait pas beaucoup de sport. Le second joue au foot et le troisième et le quatrième sont vraiment trop petits donc attendons. Mais avec trois garçons j’ai bon espoir que l’un deux me demande de courir en vélo. 

 

 

- Tu l’as répété plusieurs fois, tu as été très chanceux à te rendre compte par hasard de la présence d’une tumeur qui en était à ses débuts et tu as pu la prendre à temps. À présent j’imagine que le message que tu veux faire passer c’est celui de se contrôler, du diagnostic précoce. 

Bien-sûr. J’ai été très chanceux. C’est un problème qui si il est pris à temps comme moi devient juste un mauvais souvenir, une parenthèse de ta vie très particulière. Pris en retard il peut créer des problèmes. Ce que je peux faire c’est essayer d’aider en en parlant, avec un projet lié à la prévention, en collaboration avec le professeur Montorsi et son équipe. Car c’est un message important. Dans la malchance on peut résoudre la chose rapidement. Donc contrôlez-vous. 

 

 


 

 

 

 

FORZA IVAN !!!!!



23/10/2015
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