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Ivan : "J'ai un enthousiasme incroyable"

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Le printemps arrive bientôt et comme la nature, Ivan est en train de renaître lui aussi. Passé à la Tinkoff-Saxo durant l’inter-saison, suite à la dissolution de la Cannondale, notre Champion a mis de côtés les watts et préfère désormais se concentrer sur les sensations. Devenu le lieutenant numéro un d’Alberto Contador, Ivan s’est déjà parfaitement fondu dans son nouveau rôle d’équipier de luxe. Un rôle qu’il prend très aux sérieux et qu’il espère réciter au mieux lors du prochain Tour d’Italie. D’ici au départ du Giro Ivan va poursuivre sa préparation, avec une route qui le mènera sur Tirreno-Adriatico puis le Tour de Catalogne. 

Dans la revue italienne Tuttobici du mois de mars, Ivan aborde dans une longue interview, de Pier Augusto Stagi, sa sérénité retrouvée, ses débuts aux côtés de Contador. Il revient aussi sur ses belles années à la Liquigas-Cannondale. Et nous parle de sa famille, qui s’est agrandie le 26 novembre dernier avec l’arrivée du petit Tai. Une interview à coeur ouvert, d’un sportif passionné et d’un homme touchant. 

 

- La vitesse est ton métier depuis plus de vingt-cinq ans, mais tu as choisi de redécouvrir aussi la lenteur.

Je n’en fais pas l’éloge et pas même une philosophie, mais pour moi c’est une nécessité. On murît, on rencontre des personnes importantes qui te font remarquer certaines choses, ou tout simplement tu es disposé à les remarquer. Des personnes importantes, des grands sportifs ou des capitaines d’industrie qui utilisent l’ordinateur, la tablette ou le téléphone portable. Et peut-être ils twittent également, mais avec méthode, pas de manière compulsive. Voilà, après des années à toute vitesse, où mes mains étaient toujours occupées par un objet électronique, maintenant j’ai redécouvert le plaisir de rester les bras croisés. Avec les mains libres et l’esprit occupé par des pensées et des réflexions. Il vaut mieux lire un livre ou écouter les personnes qui te parlent. Je dis des choses banales, mais par les temps qui courent, au moins pour moi, les choses simples ont la valeur d’une révolution copernicienne. 

 

- Tu es déjà prêt à faire le "coach-mental". 

Non, je suis encore coureur et pendant deux ans je veux le faire au mieux, jusqu’à quand courra Alberto (Contador), qui à la fin de la saison prochaine raccrochera son vélo. Cependant dans notre équipe, qui est certainement une des plus fortes formations au monde et parmi les mieux équipées également au niveau technologique, nous sommes en train de redécouvrir le goût du dialogue, de la parole. Se connaître est la plus belle découverte qu’un homme puisse faire. Et il n’existe pas d’équipe sans dialogue. 

 

- Avec la Ruta del Sol une saison importante a commencé : à quoi t’attends-tu ?

Ces prochaines semaines, je veux mettre au point une préparation qui doit porter ses fruits pour le Giro. De la saison, j’attends un Giro en protagoniste en soutien à Alberto, qui en mai vient sur nos routes pour gagner et ensuite il essaiera de gagner aussi en France et peut-être en Espagne…

 

- Il aura à faire à notre Fabio Aru, le second de Nibali qui est à bonne école. 

Fabio est jeune et il a tout pour devenir un grand : il sera certainement un os dur, mais comme toute l’Astana. Mais ce ne sera pas le seul. Il faudra faire attention aussi à des gens comme Rigoberto Uran. Moi à quoi je m’attends ? De rester là avec Alberto : plus je suis à ses côtés, mieux c’est pour tout le monde. 

 

- Toi qui a fait grandir à la Liquigas le jeune Nibali, tu penses qu’il a raison de miser tout et seulement sur le Tour ?

Ce sont des décisions qui se prennent uniquement après des réflexions importantes et profondes. Vinokourov, Martinelli, Slongo, Vincenzo, auront tout mis sur la table et sont arrivés à prendre cette décision. Comment moi puis-je dire si c’est une bonne décision ou si c’est une erreur ? Je serais présomptueux. Je suis sûre d’une chose, connaissant Vincenzo lui il aurait tout couru : Giro, Tour et Vuelta.

 

- Tu aurais imaginé que Vincenzo arriverait à gagner ce qu’il a remporté ces dernières années ?

C’était un prédestiné, sur ça il n’y avait aucun doute. Il était un peu "naïf", mais également doté d’une classe très pure. Maintenant je sais qu’il a fait trésor de nombreuses expériences et c’est un professionnel hors pair. Lui, Alberto et Froome sont les hommes les plus forts de la planète des Grands Tours.

 

- Qu’est-ce qui différencie et qu’est-ce qui rapproche Nibali et Contador ?

Tous les deux sont imprévisibles. Combatif comme peu. Fantaisie à l’état pur. Alberto est très méthodique, le Vicenzo que je me rappelle est beaucoup plus instinctif. Mais je ne sais pas s’il est encore ainsi. 

 

- Il peut viser un deuxième Tour ?

Depuis 2010 à aujourd’hui, quand il a couru un Grand Tour, Vincenzo l’a gagné ou l’a fini sur le podium. Il fait partie de la catégorie des très grands champions : il peut faire et obtenir ce qu’il veut.

 

- Comment a débuté ton année ?

Par une longue réflexion. Après la Vuelta 2013, celle de l’hypothermie, je n’ai plus été le même. La dernière période a été pour moi vraiment frustrante. Je n’étais plus habitué à pédaler dans ces positions du peloton. Cependant j’ai eu une très grande chance, celle d’être aidé par des personnes exceptionnelles comme Roberto Amadio, Stefano Zanatta et Alberto Volpi, avec lesquels j’ai travaillé pendant sept saisons, d’abord avec Liquigas et ensuite avec Cannondale. Nous avons clos une relation importante, de la meilleure des façons. Avec Roberto, Stefano et Alberto nous sommes souvent en contact comme amis, mais également comme des personnes qui ont partagé des saisons importantes de notre vie. Un cycliste, court généralement chez les professionnels dix, douze, quatorze ans et vivre sept ans au sein de la même équipe c’est rare. Pour moi ça a été un mariage très heureux. Et pour me retrouver moi-même, pour faire un point sur les erreurs commises, sur les bons choix à faire pour mon futur, ces personnes ont été encore une fois fondamentales, comme du reste le président Paolo Da Lago et le patron Paolo Zani, avec qui je n’ai jamais cessé d’être en contact, car sur eux j’ai toujours pu compter. 

 

- Qu’as-tu appris de la faillite de la saison 2014 ?

J’ai compris combien peut faire mal le manque de confiance. Tu peux faire 440 watts au seuil et ne pas arriver parmi les cinquante premiers et en faire 425 et arriver avec les premiers. Les coureurs sont là à se casser la tête pour améliorer la production de leurs watts mais souvent il faut entraîner le mental. Pour cela le nouveau Basso, qui peut être aussi le dernier, a un enthousiasme incroyable : je suis passé d’une des plus belles équipes du monde à celle qui veut à tout prix devenir la plus forte et la plus belle de toutes. Quand tu es entouré par des grands champions et par un enthousiasme spécial, tu es à ton tour contaminé. J’ai remis au centre de tout mon projet le mental, le physique vient par conséquence. 

 

- Comment te sens-tu avec Riis et Tinkov ?

J’ai un passé avec chacun d’eux. Chez Oleg Tinkov je devais déjà y aller en 2007, avant que je ne décide d’aller à la Liquigas. Avec Bjarne j’ai travaillé quand il était le patron de la CSC, aujourd’hui en revanche il est responsable du secteur sportif. Moi je considère Bjarne comme un très grand entraîneur. Un des meilleurs techniciens au monde. Et ce n’est pas seulement mon opinion, car les  résultats qu’il a obtenus parlent pour lui. Nous avons un propriétaire comme Oleg Tinkov qui est notre premier supporter, qui a une grande envie de gagner et de devenir avec son équipe la meilleure de toute. Nous ne pouvons pas prétendre plus : maintenant c’est à nous de jouer. 

 

- Comment vois-tu Alberto ?

Alberto a une très grande estime pour ma personne, il m’a fortement voulu pour ce qu’il s’attend à ce que je puisse donner pour lui. Il a besoin d’un homme qui doit dépenser quelque chose en plus, de façon à ce qui lui puisse s’économiser et avoir les énergies essentielles pour pouvoir faire la différence au bon moment. Alberto ne doit pas apprendre à gagner car il sait parfaitement le faire tout seul, il ne peut que nous enseigner à tous comment on fait, mais il a besoin de personnes capables de le protéger et de lui faire économiser ces énergies qui peuvent s’avérer utiles plus tard dans la course. 

 

- Il marche déjà fort ?

Je ne l’ai jamais vu aller doucement. Contador marche toujours fort, comme Vincenzo et Froome. Quand ces trois coureurs se rencontrent c’est le spectacle assuré. C’est comme Juve-Milan : malgré les vingt points qui les séparent le match est toujours une grande affiche. Ces trois-là ne savent même pas ce que ça signifie courir pour trouver le bon coup de pédale. Eux une fois qu’ils mettent un dossard ils livrent bataille, même si la condition n’est pas optimale. C’est dans leur ADN.

 

- À t’entendre parler, Alberto a déjà gagné le Giro.

Dans le cyclisme il n’y a jamais rien de fait à l’avance. C’est évident qu’il part pour gagner et Alberto, avec Vincenzo et Froome sont les plus forts en matière de Grands Tours.

 

- Quintana tu ne le mets pas avec ces trois coureurs ?

Bonne remarque. Mais moi je raisonne en regardant les quatre dernières années et ces trois-là sont une garanties. Oui, nous pouvons ajouter Nairo, mais aussi Uran et Aru.

 

- Après Lugano, quel est ton programme ?

Tirreno, Catalogne et Tour d’Italie.

 

- Comment ça se passe avec les quatre enfants à charge ?

Je suis un homme chanceux, car j’ai Micaela à mes côtés qui fait un travail exceptionnel. Le secret est très simple : impliquer la famille dans ce que tu fais. Désormais j’ai Tilla et Santiago qui sont complices. Ils me suivent, aident un petit peu Micaela qui est la vraie manager de l’équipe et moi je suis le tacticien. C’est une famille bien au point. En retournant en arrière, à la période de ma disqualification, je dis toujours que ces deux années ont été terribles, mais elles m’ont quand même donné quelque chose d’extrêmement précieux. La souffrance et la capacité de rester unit, même dans un moment difficile comme celui-là, a renforcé notre relation. Nombreuses sont celles qui auraient volé en éclat, nous nous sommes devenus à tous les effets une famille. Une grande famille vu l’arrivée de Tai après Tilla, Santiago et Levante. 

 

- Saison numéro 15, en retirant les deux sur le banc….

Je suis passé pro en 98 avec le maillot de l’Asics. J’ai changé ? J’ai inévitablement grandi. Je ne suis plus un jeune garçon, j’ai quasiment quarante ans. Si tu ne vois pas la vie avec des yeux différents tu es un imbécile. Par un entraîneur de première classe de serie A, que je ne veux pas citer, je suis arrivé à quelques conclusions importantes. Cet ami, connu à Moena, une fois m’a vu concentré et taper à toute vitesse sur mon iPhone et ma tablette et il m’a dit : "Ivan apprend à être en tête à tête avec ces personnes, pas avec leurs téléphones". Il avait parfaitement raison. Quand je vais au Teide je renais : là internet ne passe pas, le téléphone ne passe pas et le monde ne s’arrête pas de vivre pour autant. La tête se remet en mouvement. La frénésie se transforme en lenteur et moi, qui de la vitesse en ai fait une profession, j’ai appris aussi à sublimer la lenteur avec un livre, une promenade dans les bois, une discussion avec mes équipiers. On parle toujours de préparation et d’entraînements, mais aujourd’hui tout le monde sais ce qu’il doit faire et l’entraînement c’est quatre/six heures de notre journée. Je me suis dit : et du reste temps que fais-tu, tu joues avec le téléphone ? Il vaut mieux retrouver le plaisir du dialogue et de l’écoute.

 

 

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- Oltre alla velocità, che è il tuo mestiere da più di venticinque anni, hai scelto di riscoprire anche la lentezza.

Non ne faccio l’elogio e nemmeno una filosofia, ma per me è una necessità. Si matura, si incontrano persone importanti che ti fanno notare certe cose, o semplicemente sei predisposto a notarle. Persone importanti, grandi sportivi o capitani d’industria che usano sì il computer, il tablet o il telefonino. E magari twittano anche, ma con metodo, non in maniera compulsiva. Ecco, dopo anni a tutta velocità, dove le mie mani erano sempre occupate da una protesi elettronica, ora ho riscoperto il piacere di stare a braccia conserte. Con le mani sgombre e la mente occupata da pensieri e riflessioni. Meglio leggere un libro, o ascoltare le persone che ti parlano. Dico cose banali, ma di questi tempi, almeno per me, le cose semplici hanno il valore di una rivoluzione copernicana. 

 

- Sei già pronto per fare il "mental-coach".

No, sono ancora corridore e per due anni lo voglio fare al meglio, fin quando correrà Alberto (Contador), che alla fine della prossima stagione appenderà la bici al chiodo. Però nel nostro team, che è certamente una delle più forti formazioni del mondo e tra le più attrezzate anche a livello tecnologico, stiamo riscoprendo il gusto del dialogo, della parola. Conoscersi è la scoperta più bella che un uomo possa fare. E non esiste squadra, senza dialogo.

 

- Con la Vuelta Andalucia è iniziata una stagione molto importante : cosa ti aspetti ?

In queste settimane, voglio mettere a punto una preparazione che deve dare i suoi frutti per il Giro. Dalla stagione, un Giro da protagonista in aiuto di Alberto, che a maggio viene sulle nostre strade per vincere e poi puntare a vincere anche in Francia e forse anche in Spagna…

 

- Dovrà fare i conti anche con il nostro Fabio Aru, il vice Nibali che studia da campione.

Fabio è giovane e ha tutto per diventare un grande : sarà certamente un osso duro, come tutti la sua Astana. Ma non sarà il solo. Bisognerà stare attenti anche a gente come Rigoberto Uran. Io cosa mi aspetto ? Di stare lì con Alberto : più ci sto, meglio è per tutti. 

 

- Tu che hai cresciuto in Liquigas il giovane Nibali, pensi che abbia fatto bene a puntare tutto e solo sul Tour ?

Queste sono decisioni che si prendono solo al termine di riflessioni importanti e profonde. Vinokourov, Martinelli, Slongo, lo stesso Vincenzo, avranno messo sul tavolo tutto e sono arrivati a prendere questa decisione. Come posso dire io se è giusto o sbagliato ? Sarei un presuntuoso. Di una cosa sono sicuro, conoscendo Vincenzo lui avrebbe corso tutto : Giro, Tour e Vuelta.

 

- Ti saresti immaginato che Vincenzo arrivasse a vincere quello che ha vinto in questi ultimi anni ?

Era un predestinato, su questo non c’erano dubbi. Era un’po "naïf ", ma anche dotato di una classe purissima. Ora so che ha fatto tesoro di tante esperienze ed è un professionista con i fiocchi. Lui, Alberto e Froome sono gli uomini più forti del pianeta per quanto riguarda di Grandi Giri.

 

- Cosa differenzia e cosa accomuna Nibali a Contador ?

Entrambi sono imprevedibili. Combattivi come pochi. Estro allo stato puro. Alberto è molto metodico, il Vincenzo che ricordo io molto più istintivo. Ma non so se è ancora così. 

 

- Può puntare al bis al Tour ?

Dal 2010 ad oggi, quando ha corso un Grande Giro, Vincenzo l’ha vinto o è finito sul podio. Fa parte della categoria dei fuoriclasse : può fare e ottenere qualsiasi cosa.

 

- Come è iniziato il tuo anno ?

Con una lunga riflessione. Dopo la Vuelta 2013, quella della gelata, non sono stato più lo stesso. L’ultimo periodo per me è stato davvero frustrante. Non ero più abituato a pedalare in quelle posizioni del gruppo. Però ho avuto una grandissima fortuna, quella di essere aiutato da persona eccezionali come Roberto Amadio, Stefano Zanatta e Alberto Volpi, con i quali io ho lavorato per sette stagioni, prima in Liquigas e poi in Cannondale. Abbiamo chiuso un rapporto importante, nel migliore dei modi. Con Roberto, Stefano e Alberto ci sentiamo spesso come amici, ma anche come persone che hanno condiviso stagioni importanti della nostra vita. Un corridore, generalmente corre da professionista dieci, dodici, quattordici anni e vivere sette anni di questi con la stessa squadra è cosa da poco. Per me è stato un matrimonio felicissimo. E per ritrovare me stesso, per fare un punto sugli errori commessi, sulle scelte giuste da fare per il mio futuro, queste persone sono state ancora una volta fondamentali, come del resto il presidente Paolo Dal Lago e patron Paolo Zani che no ho mai smesso di sentire, perché su di loro io ho sempre potuto contare.

 

- Cosa hai capito dalla stagione fallimentare targata 2014 ?

Ho compreso quanto possa fare male la sfiducia. Puoi fare lo stesso 440 watt alla soglia e non arrivare nei primi cinquanta e farne 425 e arrivare con i primi. I corridoi sono lì che si arrovellano per migliorare la produzione dei propri watt ma spesso c’è da allenare la testa. Per questo il nuovo Basso, che può anche essere l’ultimo, ha un entusiasmo incredibile : sono passato da una delle più belle squadre del mondo a quella che vuole a tutti i costi diventare la più forte e la più bella di tutte. Quando sei circondato da grandi campioni e da un entusiasmo particolare, vieni a tua volta contaminato. Ho rimesso al centro di tutto il mio progetto la testa, il fisico viene di conseguenza. 

 

- Come ti trovi con Riis e Tinkov ?

Con ognuno di loro c’è uno storico. Io con Oleg Tinkov dovevo già passare nel 2007, prima che decidessi di andare alla Liquigas. Con Bjarne ci ho lavorato quanto lui era il padre padrone della CSC, oggi invece è il responsabile del settore sportivo. Io considero Bjarne un grandissimo allenatore. Uno dei tecnici più bravi al mondo. E non è solo una mia opinione, perché per lui parlano i risultati che ha conseguito in questi anni. Abbiamo un proprietario come Oleg Tinkov che è il nostro primo tifoso, che ha un gran voglia di vincere e diventare con il suo team il migliore di tutti. Non possiamo pretendere di più : ora spetta a noi.

 

- Come vedi Alberto ?

Alberto ha una grandissima considerazione per la mia persona, mi ha fortemente voluto per quello che si aspetta che io possa dare per lui. Ha bisogno di un uomo che deve spendere qualcosa in più, in modo che lui possa risparmiare e avere le energie essenziali per poter fare la differenza al momento giusto. Alberto non deve imparare a vincere perché quello lo sa fare perfettamente da solo, anzi può solo insegnare a tutti come si fa, ma ha bisogno di persone capaci di proteggerlo e fargli risparmiare quelle energie che possono risultargli utili più avanti. 

 

- Va già forte ?

Non l’ho mai visto andare piano. Contador va forte sempre, come Vincenzo e Froome. Quando questi tre si incontrano è spettacolo assicurato. È come Juve-Milan : nonostante i venti punti che li separa è sempre un match di cartello. Questi tre non sanno nemmeno cosa significhi correre per trovare il giusto colpo di pedale. Loro una volta che si mettono il numero sulla schiena danno battaglia, anche se la condizione non è ottimale. È nel loro DNA.

 

- A sentirti parlare, Alberto ha già vinto il Giro.

Nel ciclismo non c’è mai nulla di scontato. È ovvio che lui parte per vincere e Alberto, assieme a Vincenzo e Froome sono i più forti del pianeta in materia di Grandi Giri. 

 

- Quintana non lo metti con questi tre ?

Giusta osservazione. Però io ragiono guardando l’ultimo quadriennio e questi tre sono una garanzia. Sì, possiamo aggiungere Nairo, però anche Uran e Aru, come ti ho già detto, non sono da meno.

 

- Dopo Lugano qual è il tuo programma ?

Tirreno, Catalunya e Giro d’Italia.

 

- Come va con i quattro bimbi a carico ?

Io sono un uomo fortunato, perché ho Micaela al mio fianco che fa un lavoro eccezionale. Il segreto è molto semplice : coinvolgere la tua famiglia in quello che fai. Ora ho Tilla e Santiago che sono complici. Mi seguono, aiutano un pochino Micaela che è la vera team manager della squadra e io il tattico. È una famiglia ben collaudata. Tornando indietro, al periodo della mia squalifica, io dico sempre che quei due anni sono stati terribili, ma mi hanno donato comunque qualcosa di estremamente prezioso. La sofferenza e la capacità di stare uniti anche in un momento difficile come quello ha cementato il nostro rapporto. Molti sarebbero saltati per aria, noi siamo diventati a tutti gli effetti una famiglia. Una grande famiglia, visto l’arrivo di Tai dopo Tilla, Santiago e Levante.

 

- Stagione numero 15 togliendo le due in panchina…

Sono passato nel’98 con la maglia dell’Asics. Sono cambiato ? Sono inevitabilmente cresciuto. Non sono più un ragazzino, ho quasi quarant’anni. Se non vedi la vita con gli occhi diversi sei un imbecille. Imbeccato da un allenatore di calcio di primordine di serie A, di cui non voglio fare il nome, sono arrivato ad alcune conclusioni importanti. Questo amico, conosciuto a Moena, una volta nel vedermi intento a smanettare con il mio iPhone e tablet a tutta velocità mi ha detto : "Ivan impara a interfacciarti con la testa di quelle persone, non con le loro protesi elettroniche". Aveva perfettamente ragione. Quando vado al Teide rinasco : là non prende internet, non prende il cellulare e il mondo non finisce. La testa si rimette in moto. La frenesia si trasforma in lentezza e io, che della velocità ho fatto una professione, ho imparato anche a sublimare la lentezza con un libro, con una passeggiata nei boschi, con una chiacchierata con i compagni di squadra. Si parla sempre di preparazione e allenamenti, ma ormai quasi tutti sanno cosa si deve fare e l’allenamento è quattro/sei ore della nostra giornata. Mi sono detto : e del resto del tempo cosa fai, smanetti con il cellulare ? Meglio ritrovare il piacere del dialogo e dell’ascolto. 

 

 

 

 

FORZA IVAN !!!!!



02/03/2015
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